Dr Clèm's Blog

A-t-on déjà eu un président de gauche en France ?

Tuesday Aug 18, 2020 20:25

En regardant la liste des président sous la Cinquième République, je me demande si nous avons déjà eu un président de gauche. Le seul président pouvant potentiellement être considéré de gauche est François Mitterrand. Cependant, lorsque je me renseigne sur le ≪tournant de la rigueur≫, je me demande comment une personne de gauche a pu mettre ça en place.

En regardant la liste complète, je remarque Vincent Auriol de la Section française de l'Internationale ouvrière, mais je reste partagé compte tenu de la Guerre d'Indochine.

Finalement, j'ai l'impression que la seule période où la gauche a été au pouvoir en France a été au moment du Front populaire.

Se faire soigner en France

Tuesday Aug 18, 2020 14:35

Je souffre depuis début 2018 d'un conflit fémoro-acétabulaire. Il m'aura fallu plusieurs années pour avoir un accès pariel à des soins en passant par le secteur privé car le secteur public ne peut pas répondre à la demande. Voici comment mon histoire depuis les premières douleurs.

La lourde administrative

La sécurité sociale en France est un système inégalitaire où chacun se bat pour sa part. En effet, en fonction de son régime, nos droits ne sont pas les mêmes. J'ai été rattaché à la Mutuelle générale de l'Éducation nationale (MGEN) pendant plusieurs années. Lorsque me situation changeât, en février 2018, en trouvant un contrat de travail à durée indéterminée (CDI) dans le secteur privé, j'ai dû changer de régime pour passer au régime général. J'ai beaucoup perdu. En effet, la MGEN fut épargnée par la réforme de 2004 de la sécurité sociale sur l'autorisation de remboursement intégrale des consultations, dite contrat ≪responsable≫, qui n'a rien de responsable car empêche les plus démunis d’accéder aux soins. D'autre part, la MGEN n'est pas restée coincée dans un puits temporel datant d'avant l'existence de l'Internet. Donc, pendant mes années de rattachement chez eux, et grâce à la complémentaire santé, je pouvais consulter un professionnel de santé, donner ma carte vitale et repartir sans payé et sans avoir de dette. Avec le régime général, c'est une toute autre histoire. Interdiction de remboursement intégral des actes de santé, ce qui veut dire que si je sors de l’hôpital sans rien payé, je dois tout de même de l'argent au régime général. Il est désormais à ma charge d'avancer les frais des actes de soins. Il y a aussi des délais de traitement de leur part, ce qui implique en plus du délais de remboursement de la part du régime général, un délais pour le remboursement de la part de la complémentaire santé.

Rattachement au régime général

Encore faut il se faire rembourser. En effet, le rattachement au régime général peut prendre 25 mois. C'est le cas en Isère. Cela a pris 13 mois dans mon cas. Pendant ces années, pas de remboursement. Il faut faire des fiches de soins. Celles-ci expirant après deux ans, à partir du moment où la caisse primaire d'assurance maladie met plus de deux ans à faire son travail, certains soins ne sont plus remboursables.

Le fait que cela prenne au tant de temps en Isère est simplement car cette caisse ne fait pas son travail. En effet, comme les processus de traitement n'ont pas été informatisé, le premier ordinateur datant pourtant de 1937, il serait judicieux de leur part de s'y mettre, il est impossible d’effectuer des démarche en ligne, ni d'avoir un suivi. Sans même compté les courriers perdus par La Poste, la caisse de l'Isère perdra votre dossier en moyenne une à deux fois. Si le courrier n'est pas perdu, les pièces justificatives seront perdues, ou refusées. Un exemple de situation qui n'est pas gérée par la caisse de l'Isère, les personnes ayant plus d'un seul prénom. En effet, si vous avez deux prénoms, ou plus, les pièces justificatives ou autres documents seront refusées dans la moitié des cas si votre prénom d'usage n'est pas votre premier prénom ou si les pièces justificatives font apparaître tous vos prénoms. Par exemple, si trois feuilles de soins sont écrites par le même médecin avec strictement les mêmes informations sauf la date, l'une sera refusé avec comme justification Nous n'avons pas pu faire correspondre le nom du bénéficiaire des soins avec le numéro de sécurité sociale, alors qu'il n'y a eu aucun problème pour les autres. C'est donc un processus aléatoire. Cela montre qu'en plus d'une procédure qui ne fonctionne pas, les employés mettent de la mauvaise volonté dans leur travail. Enfin, la caisse de l'Isère ne gère pas les déménagements. Si vous déménagez dans la même ville au cours de votre rattachement, qui je le rappelle prends entre 13 et 25 mois, alors la demande de rattachement est considérée comme invalide.

Rattachement à la complémentaire santé

Nous sommes en mars 2019, après 13 mois, je suis enfin rattaché au régime général mais rien n'est fini. Il faut encore que je sois rattaché à la complémentaire santé, que je paie depuis le début de mon CDI. La complémentaire de mon entreprise était AXA. Pour faire court, ce sont des escrocs.

Il n'est pas possible de mettre à jour son régime sur leur interface web. J'envoie donc un formulaire de demande de changement de régime obligatoire. J'ai un accusé de réception de ma demande. N'ayant pas de réponse, je renouvelle ma demande par plusieurs moyens. À chaque fois, j'ai un accusé de réception. Je finis par contacter le service administratif de mon entreprise. AXA leur envoie un mail mensonger. Ils prétendent que je le les ai jamais contacté. Ils me demandent d'effectuer à nouveau les démarches, ce que je fais dans l'heure, à nouveau par plusieurs moyens avec accusés de réception. N'ayant toujours pas de réponse de leur part, mon entreprise étant démunie face à tant de mensonge et de mauvaise foi, celle-ci décide de passer par un courtier, 10 jours plus part, je suis rattaché à ma complémentaire. Cela fait 22 mois que toute cette histoire à commencer. Le mois suivant, mon entreprise résille son contrat avec AXA.

La télétransmission

Il reste encore un soucis, celui de la télétransmission. En effet, changer de complémentaire santé ne change pas la télétransmission. Ceci est d'une stupidité déconcertante. Demander la télétransmission à la nouvelle complémentaire n'est pas possible. En effet, il faut que ma précédente complémentaire, que j'ai alors résilié il y a de ça deux ans, la désactive. J'ai donc dû faire une demande à la MGEN de déconnexion de la télétransmission, puis attendre que cela soit pris en compte, puis faire la demande de télétransmission à ma nouvelle complémentaire. Tout cela est inutilement lourd, long et compliqué.

La caisse de l'Isère (bis)

Nous arrivons donc à janvier 2020, cela fait donc 23 mois que je cumule des fiches de soins. Cela fait 23 mois que je ne procède pas à tous les examens dont j'ai besoin pour comprendre d'où viennent mes douleurs, car à l'époque je n'avais pas de diagnostique sur l'origine de ces dernières, parfois aiguës, qui procurent des douleurs intenses la nuit, et m’empêchent de faire des actions simples comme lacer mes lacets car trop chers. J'ai déjà vu plusieurs médecins et chirurgiens mais ils étaient sans réponses et m'envoyaient vers d'autres spécialistes. Bref, ma situation semble en règle. J'envoie donc mes feuilles de soins à la caisse de l'Isère. Une partie de ceux-ci reçoivent la mention Hors parcours soin. En effet, entre ma première demande de rattachement et la régularisation de ma situation, j'ai déménagé, certes intra-muros, mais j'ai changé de médecin traitant. Donc toutes les consultations de mon ancien médecin traitant ne sont pas considérées comme faisant par du parcours de soins coordonnés, je n'ai donc pas été remboursé. De plus, contrairement à d'autres décisions du régime général, celle-ci ne peut pas être soumise à contestation.

Le CHU Grenoble Alpes (bis)

Dans mon post Le jour où l’hôpital public est devenu Aliexpress., j'ai commencé à raconter les absurdités administratives du CHU Grenoble Alpes. Pendant ces deux années de période de rattachement, j'ai dû me rendre à l'hôpital à plusieurs reprise, premièrement pour bursite à l’épaule droite en faisant du bloc, deuxièmement pour les premiers examens sur mes douleurs qui se sont avérées être le conflit fémoro-acétabulaire. Le service administratif a oublié d'enregistrer ma complémentaire santé. N'en ayant pas d'enregistré, au lieu de réagir humainement, décemment, solidairement, en me contactant pour que je leur fournisse les informations manquantes, le CHU Grenoble Alpes n'a pas transmis la demande de remboursement au régime général, mais m'a envoyé la facture de l'intégralité des soins. Je les ai donc payés. À ce jour, je n'ai pas pu me faire rembourser et il n'y a pas de mécanisme pour que soit un jour le cas.

La lourdeur administrative a seul but de lourdeur administrative

Le régime général est conscient de ma complémentaire santé. La télétransmission est activée. Pourquoi y a-t-il besoin que je donne ma carte de mutuelle à chaque fois à tout le monde alors qu'il est possible de tout transmettre avec la carte vitale ? C'est à nouveau une technique pour éviter les remboursements de soins car d'une part, il peut être possible d'oublier cette carte, changeant tous les 6 mois, il peut arriver qu'on ait oublié de prendre la nouvelle. De cette manière, dès qu'il y a une erreur, c'est la victime qui paie, ce qui est habitude française dont ceux qui ont déjà eu à faire à la police comprennent de quoi je parle. C'est un peu comme se rendre au commissariat.

La préparation de l'intervention

23 mois et je peux enfin contacter plus sereinement le spécialiste qui devrait être en mesure de m'apporter au moins des réponses. J’appelle donc son secrétariat, au CHU Grenoble Alpes, qui me dit Si vous voulez un rendez-vous dans un délais raisonnable, il faut passer par son cabinet privé, par contre, ça ne sera pas un tarif conventionné. Des années de souffrances, je n'en peux plus, je veux que cela se termine vite, tant pis si je paie. Je demande donc D'accord. Pouvez-vous me donner le numéro de téléphone et l'adresse, s'il vous plaît ?. La réponse de la secrétaire Ne vous inquiétez pas, c'est ici aussi. J'appelle donc l'hôpital public qui me dit qu'il n'y a pas de rendez-vous disponible dans un temps raisonnable. Ce qui veut dire que l'accès aux soins en France est difficile. Cet échange montre aussi qu'il faut avoir les moyens financiers de payer pour ses soins car il n'y a pas de disponibilité em secteur 1. On peut voir, une fois de plus, que l'accès aux soins n'est pas gratuit en France. Ce qui est aussi choquant, c'est un professeur puisse utiliser les ressources de l'hôpital à des fins d'enrichissement personnel et ceci au détriment des patients car en effet, son cabinet privé empiète tellement sur ses fonctions à l'hôpital public, que l'hôpital ne peut plus remplir ses fonctions et fournir un accès aux soins aux plus démunis.

Finalement, après tout ce temps, à force de recherche, je finis par poser un diagnostique : le conflit fémoro-acétabualiaire. J'ai pu procéder à un diagnostique physiologique par mes propres moyens. Il y a une explication à l'émergence de ce conflit avec entre autres 10ans de karaté, sport intense avec notamment la participation et la préparation à la MB Ultra Somfy, épreuve de la MB race et du bloc. Une visite chez le chirurgien orthopédique confirme le diagnostique.

La pharmacie

Mon hospitalisation est enfin planifiée pour le 26 mars. Je reçois une partie des ordonnances. Je m'empresse donc d'aller chercher ce qui m'est prescrit avant l'opération pour ne pas avoir à m'en préoccuper après. La pharmacienne voyant que j'allais devoir vider ses stocks n'a pas été enthousiaste à l'idée de me servir. C'est pourtant son travail. Ce n'est pas de ma faute. Ça lui rapporte de l'argent. En voyant les ordonnances, elle me demande je vous en mets combien ? J'avoue avoir été déconcerté par la question. Je voulais demander si je m'étais trompé et si je n'étais pas à la boulangerie, mais finalement, j'ai simplement répondu ce que son bon sens aurait dû lui dicter
ce qu'il y a sur l'ordonnance.
Vous pensez avoir beaucoup mal ? Est-ce que je ne peux vous en mettre qu'une partie ?
Je n'ai pas l'habitude de me faire opérer de la hanche, dans le doute, pouvez-vous me donner ce qui est prescrit, s'il vous plaît ?
Honnêtement, je ne suis pas certain d'avoir dit s'il vous plaît, je commençais à être agacé.
Non mais parce que vous comprenez, ça va vider mon stock, après, je vais devoir en recommander
Oui, en même temps, c'est ton job. Tu es commerçante et ça t'emmerde de servir. Ça t'emmerde de me vendre un produit pour avoir de l'argent.
Je ne sais pas pas à quel point je vais avoir mal. C'est ma première opération de la hanche. Si on m'a prescrit autant d'anti douleur, c'est certainement pour une bonne raison. Merci de me donner ce qu'il y a sur l'ordonnance.
Tout d'un coup, elle n'avait plus suffisamment de stock pour me fournir sur l'ordonnance. Je lui dis que ce n'était pas grave et qu'elle pouvait déjà me donner ce qu'elle avait et que je reviendrai prendre le reste plus tard. Évidemment, après une telle expérience, je n'y retournerai pas. Je préfère aller un peu plus loin.

Entre le moment où j'ai écrit ce dernier paragraphe et aujourd'hui, la douleur est tellement intense que je n'ai pas pu aller plus loin et je suis retourné dans cette pharmacie.

Ce n'est pas ma première mauvaise expérience avec une pharmacie à Grenoble. On a déjà refusé de me servir car la pharmacienne avait peur de ne pas être dédommagée par la caisse de l'Isère pendant que mon dossier était en cours de traitement.

La caisse de l'Isère (ter)

En plus de mes ordonnances, j'ai aussi un arrêt de travail de 6 semaines. Dans la même optique que pour les médicaments, j'ai envoyé mon arrêt de travail en avance. En effet, après une telle opération et dans l'incapacité de me déplacer, je voulais que tout soit réglé avant. Ce fut une grosse erreur. On a toujours tendance à sous estimer la bêtise administrative française. Il est interdit de prescrire un arrêt de travail en avance. Aller dire ça a des étrangers, ils vont vous regarder avec des grands yeux et vous demandez pourquoi ? La réponse, sans aucune raison. Si, pour faire payer la victime une fois de plus. Tu as un problème de santé. Cela veut dire que tu profites du système. Tu dois souffrir pour avoir le droit à toucher une compensation salariale.

Pour me prévenir d'une décision aussi importe que vous ne serez pas payé pendant 6 semaines, le papier, si cher habituellement à la caisse de l'Isère, a disparu. Je n'ai même pas reçu d'email. J'ai uniquement reçu une notification.

Un document important lié à la gestion de votre dossier est disponible dans votre compte ameli.
Consultez dès maintenant la messagerie de votre compte ameli en cliquant ici ou depuis l'application pour smartphone ou tablette.
Avec toute mon attention,
votre correspondant de l'Assurance Maladie.

Le document en question tient en une phrase. Nous ne pouvons pas enregistrer votre arrêt de travail car il a été établi par anticipation, période du 26 03 2020 au 06 05 2020. Le document contient une formule de politesse appropriée, probablement sarcastique. Avec toute mon attention,
Madame X X
votre correspondant de l'Assurance Maladie

Je note l'absence d'accord du genre.

La décision de ne pas verser 6 semaines de salaire mérite un courrier. Mais non, la caisse de l'Isère aime en recevoir, mais pas en envoyer. Pour preuve, il n'est pas possible de contester cette décision par email, c'est pourtant par ce moyen que m'a été communiqué cette décision. Par contre, un courrier, oui. Vous pouvez toutefois contester l’interprétation de cette décision dans un délai de deux mois à compter de la réception de cette lettre. Pour cela, adressez un courrier à la commission de recours amiable, en indiquant les motifs de votre contestation. Pensez à joindre les justificatifs en votre possession et une copie de ce courrier.

On notera à nouveau que j'ai reçu un message sur le site web d'ameli, mais il est à ma charge de l'imprimer.

Kinésithérapeute

Cette opération nécessite beaucoup de rééducation avec notamment 5 séances hebdomadaire de kinésithérapeute par semaine à domicile, en plus d'autres exercices, dont certains requièrent de l'équipement.
Premièrement, cela demande environ 300€ d'équipement qui n'est pas remboursé par le régime général. Si vous êtes au revenu de solidarité active, vous ne pourrez vous le permettre.
Deuxièmement, probablement compte tenu de la petite taille de Grenoble-Alpes Métropole, en franglais car c'est plus classe, mais aussi de la mauvaise volonté de la plus part des praticiens, il est impossible de trouver 5 séances hebdomadaire à domicile. Une des raisons est que très peu de cabinets sont ouverts 5 jours par semaines. Une autre raison est que les praticiens se déplaçant restent dans un périmètre de moins de 500m. Étant à plus de 500m de tous les cabinets de kinésithérapeute, cela est impossible. J'ai contacté l'ensemble des kinésithérapeutes de Grenoble, Saint-Martin-le-Vinoux et Échirolles, secteur 1 et 2, sans succès, trop loin, pas de place, pas à domicile, pas plus de 3 séances par semaine, etc.

J'ai eu des réponses du type Vous habitez à 500m, c'est trop loin pour moi à vélo. Est-ce que vous pouvez venir en béquille ? Donc, d'après ce kinésithérapeute, 500m en béquille, ce qui n'est pas possible après une opération de la hanche est plus envisageable que 500m à vélo. Non, merci. Qu'on ne vienne pas me dire qu'il n'y a pas de mauvaise volonté la dedans.

Une autre réponse de la part de quelqu'un qui voulait faire son pain mais qui ne pouvait venir que 3 jours par semaine. Le conflit machin chose, je ne connais pas, mais je suis sûr que 5 séances par semaine c'est trop. Si tu ne connais pas la pathologie, n'a jamais entendu parlé de l'opération, fémoroplastie sous arthroscopie, comment peux-tu dire que ce que le chirurgien expert prescrit trop ?

Au final, je n'ai pas trouvé. Il n'est pas possible en vivant dans les quartiers résidentiels de Grenoble, d'avoir accès aux soins.
Heureusement, une personne finit par me recontacter. Elle a un cabinet loin, mais je suis sur son chemin, donc elle peut passer avant d'y aller 4 fois par semaines. 4 fois, ce n'est pas 5, mais c'est le mieux que l'on m'est proposé. Je réponds oui tout de suite, à moitié soulager d'en avoir fini avec des jours complets de recherche.

Lorsque j'ai parlé de cette difficulté avec une infirmière à domicile, celle-ci m'a répondu les médecins ne se rendent pas compte. Ils prescrivent trop. Ce à quoi j'ai répondu que le problème n'est peut-être pas qu'ils prescrivent trop, mais qu'il n'y a pas assez de praticiens. Lorsqu'elle a vu mon ordonnance pour les pansements, elle a dit ces médecins, ils ne prescrivent jamais assez. Elle m'a ensuite fait part des difficultés de son cabinets à gérer le trop grand nombre de patients et qu'ils ont un rayons trop étendu pour ne pas laisser les personnes sans soins. Encore une fois, cela montre bien que le problème n'est pas trop de prescription, mais pas assez de personnel. Je tiens tout de même à remercier ce cabinet d'infirmier qui s'est déplacé plus loin que son rayon d'action normal.

Coronavirus

Le dernier paragraphe s'est déroulé après mon opération, revenons donc à la décision de la caisse de l'Isère sur mon arrête de travail. Nous sommes le 24 mars. Je viens de recevoir la notification de l'Assurance Maladie. Mon arrêt de travail est refusé l'avant veille de mon opération. Que faire ? Je reçois alors un coup de fil de l'hôpital. Mon opération est reportée jusqu'à une date indéterminée à cause du coronavirus. À ce moment là, on ne parle pas encore de covid-19. Enfin, j'ai du répit pour régler cette situation. Je me demande sincèrement comment j'aurai pu m'en sortir en si peu de temps. Encore une fois, cette restriction sur le fait qu'en France, il soit interdit d'émettre des arrêts de travail anticipés est tout à fait absurde.

Aujourd'hui

Aujourd'hui, j'ai mal. Il y a des jours plus difficiles que d'autres, c'est une des raisons de l'aspect ponctuel des mes notes de blog. Je ne peux écrire que les bons jours. Il m'a donc fallut trois jours juste pour écrire ces quelques lignes, grâce à la prise d'opium. Cela fait plus d'un mois que j'ai été opéré et je dois encore prendre des anti-douleurs pour marcher. Il ne m'aurait pas été possible de me déplacer chez un kinésithérapeute juste après l'opération.

Kinésithérapeute

Il y a 12 jours, la kinésithérapeute qui me suivait m'annonça qu'elle ne pouvait plus me suivre à partir du 17 août. Je savais qu'il m'est impossible de trouver quelqu'un pour venir à domicile. Je suis parti résigné dès le départ en rappelant la même liste qu'auparavant. Je suis à nouveau tomber sur une nouvelle personne me disant que ça ne sert à rien d'avoir autant de séances, bien qu'elle ne connaissait ni ma pathologie, ni l'intervention chirurgicale. Les personnes qui me proposait cinq séances au cabinet, ne m'en propose plus qu'une ou deux lorsque vient le moment de prendre les rendez-vous. Cela m'est arrivé trois fois. Je ne comprends vraiment pas pourquoi les kinésithérapeutes ne veulent pas prendre en charge correctement un patient. J'ai trouvé un cabinet me proposant à nouveau cinq séances par semaine, me disant que l'on combinerait deux praticiens pour faire les cinq séances. Encore une fois, au moment de faire le planning des séances, elle ne m'en propose plus que quatre. C'est mieux que les autres, mais je ne comprends toujours pas pourquoi ils refusent de me faire toutes mes séances. Je suis déjà en train de regarder des kinésithérapeutes à 4km de chez moi. J'abandonne. Encore une fois, je ne serai pas bien pris en charge et pour un effort important. 4km pour me rendre au cabinet après une fémoroplastie alors que je suis encore en arrêt de travail, plus 4km pour revenir chez moi. Non, je n'ai pas de voiture. Non, personne ne peut m'emmener car mes amis n'ont soit pas de voiture, soit ils travaillent. Non, je ne peux pas prendre les transport en commun, le tramway est à 2km de chez moi, ça ne vaut pas le coup.

Arrêt de travail

Lorsque l'hôpital à annuler mon rendez-vous avec le chirurgien pour le remplacer par un autre, ils n'ont pas modifié mon arrêt de travail pour que la période de ce dernier couvre au moins jusqu'à ce que puisse voir un chirurgien avant ma reprise. Il ne me paraît pas acceptable d'avoir à voir un médecin pour que celui-ci le prolonge, et donc payer une part non remboursable car l'hôpital, une fois de plus, n'a pas fait son travail. Heureusement, en appelant plusieurs fois, différents services, j'ai fini par trouver une personne qui fait son travail et m'a fait une prolongation de mon arrêt de travail jusqu'à ce que je puisse voir un chirurgien.

Conclusion

Une partie de ces mésaventures font parti d'un schéma pour décourager les français l'accès aux soins. Ce que nos gouvernements appelle être responsable. L'accès aux soins est payant et difficile. Il n'est pas possible de recevoir des soins adéquates si l'on ne vit pas dans une métropole. Le système de santé en France est truffé d'absurdité, de lourdeur administrative et de latence. Il ne permet pas une prise en charge correcte d'un patient, notamment pour une guérison suite à l'intervention. De même, pour les soins post-opératoires, la lourdeur administrative de base, plus celle qui s'ajoute dû aux erreurs administratives systématiques, ne permet pas de se concentrer sur sa guérison.

Le jour où l’hôpital public est devenu Aliexpress.

Friday Jul 24, 2020 21:36, last edition on Thursday Jul 30, 2020 16:10

Le 15 juillet de cette année, j’ai acheté un BPI-R2 sur Aliexpress. C’est mon premier achat sur cette plateforme. Hier, j’ai reçu un message de cette plateforme m’invitant à donner mon avis. J’ai répondu au questionnaire dont la dernière question était une phrase, en anglais, du genre « Recommanderiez-vous Aliexpress à vos amis ? ».

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Le 9 juillet de cette année, j’ai été hospitalisé en chirurgie ambulatoire du CHU Grenoble Alpes à cause d’un conflit fémoro-acétabulaire. Les jours qui ont précédé l’intervention, j’ai reçu une sommation de la part de l’hôpital de fournir mon adresse email, ainsi que ma carte de mutuelle, mais c’est une autre histoire de l’absurdité bureaucratique dont nous sommes si fier que je conterai peut-être plus tard, pour compléter mon dossier avant le jour de l’intervention, sans quoi je ne pourrai pas être pris en charge. J’ai reçu ce courrier l’avant veille de mon hospitalisation. J’ai donc découvert ce courrier en rentrant chez moi après le travail. Étant donné que tous les services administratif de l’hôpital ferment à 15h50, je n’avais donc que la veille de l’opération pour me rendre sur place pour fournir mon adresse email. Cet un ajout de stress complètement inutile, d’autant plus que cette adresse email ne sert exclusivement qu’à envoyer un sondage. Faire une menace de refus d’hospitalisation car on peut pas faire une enquête de satisfaction est tout simplement inadmissible. Deux semaines plus tard, c’est à dire hier, je reçois un email de la part de l’hôpital pour une répondre a une enquête de satisfaction. Mon hospitalisation ne s’étant pas bien passée à cause entre autre d’une lourdeur administrative pré- et per-opératoire inutile, l’hôpital ayant ignoré les pièces justificatives que j’ai fourni pour inventer des mutuelles, notons que ce n’est pas la première fois que le CHU Grenoble Alpes fait cette erreur, c’était déjà le cas il y a deux ans lorsque je me suis fait une bursite à l’épaule droite en faisant du bloc, accueil ignoble par le personnel administratif le jour de l’intervention, oubli d’ordonnance à ma sortie, et ordonnances insuffisantes pour faire les pansements après l’opération, invention d’une mutuelle, ce qui veut dire qu’ils ont ignoré la carte de mutuelle que je leur ai fourni à maintes reprises avec des heures attentes, je n’ai pas vu le chirurgien que j’avais vu qui a programmé l’intervention, mon rendez-vous avec ce dernier a été annulé sans me prévenir, il ne veut pas faire le suivi de mon opération, le chirurgien à qui le suivi est délégué sera en vacances lorsque mon arrêt de travail s’achèvera, je n’aurai donc pas aucun suivi de la part de l’hôpital, l’hôpital ne veut pas prolonger mon arrêt de travail jusqu’à ce que je puisse voir un chirurgien, leur solution, que je prenne rendez-vous avec un autre médecin pour qu’il me prescrive un prolongement de mon arrêt de travail jusqu’à ce que je puisse voir un chirurgien, notons que le chirurgien qui a programmé l’intervention n’est pas en vacances mais ne souhaite pas faire de suivi post-opératoire sur ce type de chirurgie, pas d’appel le lendemain de l’hôpital comme convenu, j’ai pourtant souffert de plusieurs complications post-opératoires dont certaines nerveuses « rares » et irréparables si elles ne se résorbent pas d’elles mêmes mais connue, le chirurgien suppléant m’a dit que j’avais été prévenu de ce risque, en effet, par une ligne dans un dossier faisant 58 pages avec des mots techniques, pas de suivi de la part du service hospitalisation de l’hôpital pour mes complications post-opératoires. En bref, l’hôpital ne m’a pas mis dans des bonnes conditions pour mon opération, ce qui est pourtant de leur devoir étant donne que c’est un facteur lors d’une chirurgie avec anesthésie générale et il m’a abandonné après mon opération. J’ai donc répondu au questionnaire de satisfaction, comme je le ferrai pour un site marchant. La dernière question de ce question fut « Recommanderiez-vous cet hôpital à vos amis ? ».

          

Enquête nationale de mesure de la satisfaction et de l'expérience des patients hospitalisés

HÔPITAL NORD - CHU38

Madame, Monsieur,

Vous avez été hospitalisé du 09/07/2020 au 09/07/2020. Votre avis nous intéresse :

https://e-satis.fr/

(Questionnaire accessible pendant 69 jours)

Ce questionnaire est anonyme et ne vous prendra que quelques minutes.
Vos réponses sont importantes. Elles permettront à votre hôpital ou clinique de connaître les points positifs de votre séjour et ceux qu’il peut améliorer, mais aussi de lui attribuer une note de satisfaction, consultable sur le site Scope Santé.

Nous vous remercions de votre participation.

Cas particuliers:

  • Si c’est votre enfant qui a été hospitalisé et qu’il a moins de 14 ans, vous pouvez répondre au questionnaire à sa place. S’il a entre 14 et 17 ans, vous pouvez répondre avec lui ou à sa place.
  • Si vous êtes un proche d’une personne qui a été hospitalisée mais qui ne peut répondre au questionnaire, vous pouvez répondre avec elle ou à sa place.

Une question ?

C'est la Haute Autorité de Santé (HAS) qui mène cette enquête nationale de mesure de la satisfaction des patients hospitalisés. Vous pouvez la contacter à l'adresse e-Satis@has-sante.fr .

HÔPITAL NORD - CHU38

Si vous ne souhaitez pas répondre au questionnaire, cliquez ici pour vous désinscrire.

Les données personnelles vous concernant (adresse mail, sexe, âge, date d’entrée et de sortie de l’établissement) collectées à l’occasion de cette enquête ont pour unique objet l’évaluation de la satisfaction des usagers ayant fait l’objet d’une hospitalisation afin d’améliorer la qualité du service rendu aux patients. Ces données ne sont transmises qu’aux agents de l’Agence Technique de l'Information sur l'Hospitalisation (ATIH) et à la Haute Autorité de Santé (HAS) en charge de cette enquête. Votre adresse e-mail est supprimée un an après réception de cet e-mail. Les autres données recueillies sont conservées pour la durée nécessaire à l’exploitation de l’enquête. Conformément à la loi «Informatique et libertés», vous pouvez exercer votre droit d’accès, d’opposition, de rectification et de suppression des données vous concernant : Désinscription

Nous sommes donc le jour où le Ministère des Solidarités et de la Santé utilise les mêmes critères que Aliexpress pour évaluer sa performance, puis-je utiliser gratuitement mes clients pour vendre mon produit.

Nous allons tuer la radio, et alors ?

Wednesday Jan 31, 2018 17:35

En regardant mes flux rss, je suis tombé sur une tribune parue sur le site de Libération le 22 janvier 2018 à 12h22, intitulée « Ils vont tuer la radio », de Fanch Langoët et Francine Leduc.

La première question que je me suis posé est « et alors ? » Du titre, j’ai imaginé deux scenarii. Le premier est que quelque chose vient de changer, un élément perturbateur, qui va injustement détruire ce média. Le second, plus probable compte tenu du titre généraliste, est qu’il est entrain de s’opérer un changement de paradigme, notamment compte tenu des changements de modèles économiques par le passage d’un modèle de rareté au modèle de quantité. Je vais résumer grossièrement ces deux notions. Dans le premier cas, le coup de production augmente avec la quantité, c’est par exemple le cas des livres, dont le principal coût de production est le papier, impliquant que pour un éditeur, produire deux livres coûte deux fois plus chers qu’en produire un seul. Dans le second cas, le coup de production est indépendant de la quantité, ce qui est typiquement le cas dans le monde numérique. Reprenons notre éditeur de livres. Le coût de mise à disposition d’un livre numérique à un lecteur, par exemple un fichier PDF sur un serveur web, revient au même prix que la mise à disposition de ce même fichier PDF à deux lecteurs.

« Ils » désigne les vilains qui cherchent à assassiner un média rendu obsolète par l’avènement des nouvelles technologies, ce sont donc toutes les personnes qui publient du contenu en ligne. Cette tribune est de mauvaise foi et les arguments exposés sont facilement réfutables.

« Au nom de la mutation technologique, du progrès et de la globalisation, les prêcheurs du tout-numérique prônent l’obsolescence du média radiophonique. » On sent tout de suite l’amertume, la subjectivité et la partialité du propos, notamment avec l’utilisation de « prêcheur », mot connoté négativement et qui laisse penser que la transition vers le numérique est un dogme, tout comme la désignation de la transition vers le numérique de « religion ».

Les auteurs de cette tribune nous parlent de « destruction massive » du média radiophonique et de ses « ravages », un registre de langage bien particulier et qui laisse entrevoir que les auteurs parlent avec les émotions. C’est ainsi que dès la fin du premier paragraphe, on peut se rendre compte que les auteurs se sont trompés de colère, pour paraphraser un auteur qui éprouvait un ressentiment difficilement caché à l’égard de son cancer. Je reprends donc le passage clé, les « un plan implacable de destruction massive qui [...] se pare des vertus supposées du tout-numérique, pour ubériser le secteur radio ». Je ne reviens pas sur les « vertus supposées du tout-numérique » étant donné qu’il y a beaucoup à dire, mais le « ubériser le secteur radio » n’est pas correct. Les auteurs blâment le vecteur au lieu de la cause. Nous n’accusons pas le facteur d’être la raison de notre malheur lorsque celui-ci nous apporte de mauvaises nouvelles. Premièrement, considérons que la radio est un média sujet à l’économique de la rareté. En effet, le nombre de stations radio disponibles est limité par le nombre de bandes de fréquences, appelées aussi porteuses en théorie du signal, disponibles et par le fait que l’onde hertzienne transmette un signal à un instant donné et que, encore une fois pour faire simple, nous ne pouvons pas réécouter une émission ou un chanson à partir de notre poste radio. Au contraire, sur l’Internet, il n’y a pas de limitation du nombre de diffuseurs, j’en suis moi-même un, ni de la disponibilité à n’importe quel instant d’un média publié. Si un diffuseur de contenu met en ligne un fichier audio, par exemple une chanson ou un podcast, alors il n’y a pas de raison technique pour empêcher que ce contenu soit à tout moment disponible, donc ré-écoutable à l’infini. Notons que ceci est générique, donc le fait qu’il y ait un changement de paradigme économique est indépendant du média impacté.
Il y a différents modèles économiques émergents pour rendre économiquement viable les diffuseurs dans cette nouvelle ère, par exemple les dons, la publicité, la revente des données personnelles des utilisateurs, etc. mais il n’y en n’a pas un unique comme celui « l’offre et la demande » de l’ère de la rareté. Le fait que cette tribune arrive aujourd’hui me fait penser que le secteur de la radio n’a pas assez anticipé ce changement et se retrouve donc dans une impasse financière avec très certainement des emplois en danger. « L’ubérisation » n’est pas dû à l’aspect numérique mais, dans le contexte d’un paradigme économique de la quantité, aux modèles économiques appliqués. C’est une conséquence en particulier du modèle néolibéral qui, en enlevant les droits des salariés, les rends précaires. C’est aussi une conséquences des choix des maisons de radio qui, comme les principaux journaux papiers, ont choisit les annonceurs comme investisseurs.

« S’il doit s’aligner sur le projet d’une radio intégralement délinéarisée (où chaque programme sera accessible à tout moment), ce big-bang sera, sans surprise, un rouleau compresseur qui transformera radio et télé en producteurs de contenus conçus dans les règles et l’esprit de la libre concurrence des réseaux sociaux. » Ceci est une mauvaise interprétation de la conséquence des réseaux sociaux sur les médias. Dans tous les cas, si nous admettons l’influence importante des réseaux sociaux sur l’économie des diffuseurs de médias, ce qui semble être une hypothèse raisonnable, les réseaux sociaux auront un impact. Si une station de radio est plus partagée sur les réseaux sociaux qu’une autre, alors son audience augmentera certainement. Les stations de radio étaient déjà des producteurs de contenu avant l’Internet, c’est pour cette raison que chaque station à un public cible qu’elle essaye de contenter pour garder et augmenter son audience. Il est certain qu’une station de radio qui permettra la rediffusion de contenu sera capable de proposer un autre modèle économique, et sera donc plus pérenne financièrement. Pour éviter « l’ubérisation », il conviendra à la station radio de choisir un bon modèle économique ou d’en créer un, car je suis persuadé que l’on peut trouver de meilleurs solutions que celles appliquées aujourd’hui.

« cette mutation technologique ne va pas sans un renouveau éditorial et semble paramétrée pour lisser les voix et les idées. » C’est faux, ce n’est pas à cause de la technologie. Ce sont les modèles dominants de cette transition qui en sont la cause, comme le « clic bait » qui change la manière de titrer, de résumer et de créer des aperçu des contenus pour attirer les utilisateurs sur des pages non pas pour le contenu, mais pour les annonceurs. C’est donc bien le néolibéralisme qui est la cause et en particulier le choix de l’investissement par des annonceurs.

Pour le troisième paragraphe, je me vois obligé d’être sarcastique car les auteurs voient la débauche ultime dans le mixte du son et de l’image, couramment appelé à l’époque moderne, la vidéo. Je n’imagine pas l’indignation des auteurs lors de l’apparition des premiers films sonores dans les années 30. L’époque nostalgique où il fallait savoir lire pour regarder un film, dans quelle époque antidémocratique vivons nous où les médias sont plus accessible de jamais ? Bref, je trouve l’argumentaire de ce paragraphe simplement stupide. Avec l’augmentation des débit de connexion à l’Internet, nous avons pu voir l’intérêt du monde pour la vidéo. J’ai trouvé l’idée de France Inter de filmer les émissions pour ensuite les mettre en lignes intéressante. Logiquement, je me dis « qui peut le plus, peu le moins », donc si une émission de radio est accompagnée de vidéo, on peut tout aussi bien écouter l’émission sans regarder la vidéo, ce que, à titre personnel, je fais la grande majorité du temps. « Les critères marketing se substituent à tous les autres et menacent doucement mais sûrement d’emporter le patrimoine radiophonique » Encore une fois, les auteurs confondent l’Internet avec le néolibéralisme.

Je trouve intéressant l’utilisation de « garde-fou », qui sont-ils ? Est-ce « eux », les animateurs radio ? C’est d’une part très prétentieux et d’autre part dangereux de se représenter en gardien de la société et de la débauche.

Dans le quatrième paragraphe, les auteurs partent dans des fabulations. À moins qu’ils aient connaissance d’un plan secret de déploiement de radio diffusée uniquement en 3G à la place de la diffusion hertzienne, car, je cite, les auteurs nous parlent de « la disparition de la radio hertzienne au profit d’une diffusion intégralement 3G », ils sont dans l’invention la plus complète. Cela montre une grande méconnaissance technique et de ce que sont les réseaux. Ils ne sont même pas au courant que la radio est aujourd’hui diffusée sur l’Internet. Ironiquement, leur propos étaient presque plus cohérent dans la version original de l’article où ils parlaient de « radio numérique terrestre ». Mais cela me simplifie la tâche étant donné que cela rend le reste du paragraphe complètement erroné alors qu’autrement il y aurait eu des choses à dire. Par exemple, les auteurs s’imaginent que les français prennent une connexion au réseau mobile pour écouter la radio et que « donc » il faudra poser des antennes 3G sur tout le territoire et équiper tout le monde de nouveau appareils capables de recevoir cette fameuse « radio numérique ». Comme si les il y avait des antennes 3G mobile et des antennes 3G « radio numérique » et des appareils spécifique pour la recevoir. Il semble qu’il y ait un amalgame de la part des auteurs entre la diffusion du contenu sur le réseau, ce qui est le cas de la radio, avec la création d’un nouveau système, comme ça a été le cas avec la TNT où il avait effectivement besoin de construire un réseau et appareils capable de recevoir le signal. Mis bout à bout, entre les réseaux mobiles et les connexions à l’Internet, l’accès à la radio numérique est certainement plus grand que si on le compare au nombre de foyers qui ont un poste radio à la maison (je n’ai pas réussi à trouver cette information, mais je n’ai pas beaucoup cherché non plus). Il y a une confusion évidente entre l’Internet et le réseau mobile, ce qu’ils font, et en quoi c’est fondamentalement différent de la radio, ou de la télévision.

Le dernier paragraphe montre bien les confusions entre le numérique et les modèles économique qui lui sont appliqués, ne voient pas que d’autres voies sont possibles, blâment le numérique pour les nouveaux formats au lieu du néolibéralisme.

« Le faux progressisme des prêcheurs du tout-numérique n’est d’ailleurs pas très loin d’une étrange «radiophobie» » Et cette tribune n’est d’ailleurs pas très loin d’une étrange technophobie.

Je suis conscient que mon propos est bourré de généralités et d’approximations, mais ayant déjà écrit un pavé, je ne voulais pas noyé mon propos dans trop de détails.


Dr Clément Février

Bonjour, Je suis Clément Février, docteur en physique théorique de l’université de Grenoble Alpes, ingénieur Recherche et Développement dans le domaine de l’imagerie médicale et de la chirurgie mini-invasive chez Surgivisio et soutien du mouvement La France Insoumise.